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Tout savoir sur le rapport du GIEC sur l’évolution du climat

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) a publié le 8 octobre 2018 son rapport spécial « Réchauffement de la planète de 1,5°C ». Ce rapport de 400 pages, basé sur 6 000 études, avait été commandé par les gouvernements lors des négociations de Paris sur le climat en 2015. Il a été diffusé en amont de la COP24 à Katowice, en Pologne, en décembre 2018.
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Un rapport pour répondre aux objectifs de la COP21

En décembre 2015, la signature de l’accord de Paris (COP21) avait permis de fixer pour objectif un réchauffement global des températures terrestres limité à 2°C à l’horizon 2100, et si possible à 1,5°C. C’est au regard de cet objectif ambitieux que le GIEC vient de publier ce nouveau rapport. Celui-ci étudie les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à contenir la hausse de la température globale à 1,5°C à l’horizon de la fin du siècle.

COP21 (décembre 2015)

191 Etats se sont engagés à mettre en place des politiques publiques pour limiter la hausse des températures d’ici à 2100 :

  • en-dessous de 2° C
  • en parvenant à 0 émission nette de gaz à effet de serre (GES)

Il y a urgence à agir

Les experts du GIEC estiment en effet que le réchauffement global à 1,5°C sera atteint plus tôt que prévu, entre 2030 et 2052. Tout l’enjeu tient alors à contenir cette hausse ou à l’inverser si elle est dépassée pour qu’à l’horizon 2100 la température globale n’ait pas augmentée davantage.

Le rapport met ainsi en évidence les nombreuses incidences positives d’un respect de cet objectif de 1,5°C par rapport à 2°C :

  • d’ici 2100, l’élévation du niveau de la mer serait inférieure de 10 cm,
  • la probabilité que l’Arctique soit exempt de glace ne serait que d’une par siècle, contre au moins une par décennie autrement,
  • les récifs coraliens diminueraient de 70 % à 90 % en respectant 1,5°C de réchauffement, contre une perte de 99 % d’entre eux dans le cas contraire.
« L'un des messages clés qui ressort très clairement de ce rapport est que nous constatons déjà les conséquences d'un réchauffement de la planète de 1°C par un temps plus extrême, une élévation du niveau de la mer et une diminution de la glace de la mer Arctique, entre autres changements ».
Panmao Zhai, co-président du groupe de travail 1 du GIEC :

 

Concrètement, le GIEC a fait deux analyses différentes. La première consiste dans la formulation de 4 scénarios permettant de limiter la hausse globale de la température à 1,5°C à l’horizon 2100. La seconde repose sur une revue des 85 scénarios scientifiques identifiés par le GIEC qui permettent d’arriver à cet objectif.

Tous les scénarios du GIEC nécessitent plus de nucléaire

Les quatre scénarios (P1-P4) étudiés par le GIEC présentent l’intérêt de se baser sur des approches sociétales différentes. Le scénario P3 se base notamment sur la poursuite des évolutions technologiques et sociétales telles qu’observées historiquement. Le nucléaire augmente dans les quatre scénarios par rapport à 2010, entre 59 à 106% d’ici 2030 et entre 98 à 501% d’ici 2050. Le scénario P3 inclut d’ailleurs la hausse la plus notable (+501%) à l’horizon 2050 de la production nucléaire. Ainsi, si la tendance actuelle se poursuit, le respect des objectifs climatiques nécessitera de multiplier par six les capacités nucléaires mondiales.

 

Enfin, il convient de noter que les quatre scénarios du GIEC impliquent, à partir de 2050, des émissions négatives.

Pour atteindre l’objectif de limiter la température à 1,5°C à l’horizon 2100, les 4 scénarios du GIEC concluent à une augmentation du nucléaire :

+ 59-106% d’ici 2030

+ 98-501% d’ici 2050

+ 501% d’ici 2050 pour le scénario P3

« Si la tendance actuelle se poursuit, le respect des objectifs climatiques nécessitera de multiplier par six les capacités nucléaires mondiales ».

L’analyse des scénarios scientifiques

Le GIEC a également étudié 85 scénarios permettant de limiter à l’horizon 2100 le réchauffement global à 1,5°C. En valeur médiane, la production nucléaire augmente de plus du double entre 2020 et 2050 (passant de 10,84 EJ* à 22,64 EJ*) dans ces scénarios. Sa part dans le mix électrique global reste significative à près de 9 % en 2050.

Pour atteindre l’objectif de limiter la température à 1,5°C à l’horizon 2100, l’étude de 85 scénarios scientifiques conclut à une augmentation de plus du double de la production nucléaire entre 2020 et 2050 : 10,84 EJ* à 22,64 EJ*

* 1 EJ (Exajoule) =  1018J

 

Le GIEC précise, au regard de son analyse, qu’« il existe de grandes différences de puissance nucléaire entre les modèles et selon les scénarios. L’une des raisons de cette variation est que le déploiement futur de l’énergie nucléaire peut être limité par des préférences sociétales assumées dans les formulations des scénarios. »

Les commentaires du GIEC sur le nucléaire

Dans son rapport, le GIEC rappelle que « dans les années 1960 et 1970, la France a mis en œuvre un programme visant à obtenir près de 80% de son électricité du nucléaire sous 25 ans. Aujourd’hui, le décalage entre la prise de décision et la mise en service des installations est de 10 à 19 ans ».

Le rapport précise d’ailleurs que le rythme actuel de déploiement de l'énergie nucléaire est « limité dans de nombreux pays par l'acceptabilité sociale » liée à des préoccupations relatives aux risques d'accident et à la gestion des déchets radioactifs.

« Bien que l'évaluation comparative des risques montre que les dangers pour la santé sont faibles par unité de production d'électricité et que les besoins en terrains sont inférieurs à ceux d'autres sources d'énergie, les processus politiques déclenchés par les préoccupations de la société dépendent des moyens propres à chaque pays pour gérer les débats politiques autour des choix technologiques et de leurs impacts environnementaux », ajoute le rapport du GIEC.

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